Putains d’études !

Sac à dos

La prostitution

 

Reportage à Wrocław sur un phénomène de mode qui inquiète les sociologues.

Il est à peine minuit quand nous franchissons le seuil du So Go, un strip club en plein centre de Wrocław. Au sous-sol, la lumière fluo, rose et violette, balaie le dancefloor où se dresse une barre de pole dance. Une vingtaine de jeunes femmes en porte-jarretelles et lingerie fine se déhanchent sur de la house commerciale. Côté clients, hormis deux quadragénaires à l’allure patibulaire, il n’y a personne. Les filles s’ennuient. Sur un canapé en moleskine, Elena nous lance son plus beau sourire.

La prostitution est un sujet tabou en Pologne. La difficulté d’obtenir un témoignage direct de prostituées nous a amenées à proposer une retranscription fidèle des propos que nous avons recueillis.

« Vous voulez une private dance? », poursuit la jeune étudiante dont la rémunération se fait à la prestation. Facturée 1500 złotys (375 euros) par le club, la prestation permet à Elena de toucher 250 euros. Si les pratiques sexuelles sont proscrites au sein de l’établissement, un client régulier nous assure que les danseuses laissent souvent leur numéro de téléphone sur la table. De strip-teaseuse à escort de https://www.sexemodel.com/ , la frontière est poreuse et l’appât du gain un argument de poids pour la franchir.

La seule profession qui n’est pas taxée en Pologne est la prostitution, qui est légale et à condition qu’elle ne soit pas l’objet d’un proxénète. Médiatisée à l’occasion de l’Euro de football en 2012, elle est réputée “bon marché” sur les forums de tourisme sexuel. Wrocław, capitale régionale, métropole de passage et d’échange, n’échappe pas à cet engouement.

Depuis une quinzaine d’années, la pratique se transforme. « On observe que de plus en plus d’étudiantes vendent leur corps contre de l’argent », explique Jacek Kurzepa, professeur de sociologie à l’université de Wrocław et spécialiste de la jeunesse. A tel point qu’un mot-valise a été créé pour les désigner: les “universtitués”. Un terme qui s’applique aussi bien aux garçons qu’aux filles.

Paramnésie activity

Impérialisme

Vroclav? Warclaw? Vrotsoif?

 

Ça ne vous évoque pas grand-chose, n’est-ce pas ?
Vos connaissances en géographie, certes un peu faiblardes, et votre bon sens paysan vous permettent quand même de situer cette bourgade « kekpart entre la Tchéquie et les Ruskofs ».
Pourtant, depuis la défaite des bolchos contre l’impérialisme Yankee, la fièvre capitaliste s’est emparée du pays du pape préféré des Français, et ça c’est mal.
Pas la peine de vous rendre dans un des malls à l’américaine qu’abritent le centre ville, empli d’espoir de trouver un ordinateur à coque métallique dont le prix équivaut à trois smics locaux, pour comprendre que l’oncle Sam a gagné la guerre froide. Bref Goodbye Lenin a plus de dix ans et c’est complètement has been.

Intéressons-nous au premier lieu de sociabilisation connu dans le monde libre, qui permet par ailleurs aux polaks de s’adonner à leur première passion. Poussons donc la porte d’un bar ou d’un café. S’il est situé dans le quartier de Nadodrze, c’est encore mieux.
« Hey c’est sympa ici », ceci est votre première réaction lorsque vous découvrez ce temple du cool.
Briques apparentes, mobilier design, tables en bois brut, photos de mongols des steppes accrochées au mur. Ces mecs sont définitivement balaises.
Vos yeux sont attirés par la douce lumière dispersée dans l’espace par les ampoules à filament de tungstène apparent. L’idée que les négociants en lampes industrielles ont quelques zlotys de côté en zone neutre helvétique vous traverse l’esprit.
La sentence est sans appel: Valérie Damidoski peut aller se rhabiller chez Cristina Cordula. Les propriétaires du lieu ont réussi la synthèse parfaite entre chaleur mobilière et austérité industrielle.
Le serveur, un grand gaillard barbu s’avance vers vous. Les manches retroussées de sa chemise à carreau dévoilent ses bras bardés de tatouages, lui donnant l’air au choix : d’un footballeur sud-américain, d’un Vor V Zakone georgien ou de n’importe quel mannequin de chez Asos.

L’éthique dans une école polonaise

Salle de classe

La laïcité tient-elle à une heure de cours ? Alors que dans les écoles publiques polonaise, le cours de religion est une matière à part entière, les anticléricaux veulent lui faire concurrence en promouvant l’éthique. Non sans résistance.

Des rires dans les couloirs, des enfants qui jouent au ballon dans la cour. Des dessins sur les murs représentent les cinq classes d’aliments, d’autres les interdits du Carême : ne pas manger de viande, ne pas regarder la télévision.

En cours de religion, sermons pro-life et Matrix

 

Car depuis 1989, la religion est une matière comme les autres en Pologne, avec des devoirs et des notes. Sauf que le cours commence par une prière, et que les professeurs, prêtres ou théologiens, sont nommés par l’Eglise, tout comme leurs inspecteurs.

Des manifestations religieuses peuvent être organisées sur le campus et les prières du matin sont laissées « à la délicatesse et au tact » du personnel enseignant et encadrant, d’après la loi sur l’école de 1992. Un droit de cité de l’Eglise, de la maternelle au lycée, et critiqué par les anticléricaux.

Pour Jan Hartman, figure de l’anticléricalisme polonais, c’est une manière de « faire de la propagande catholique depuis le jardin d’enfants ». « Dans une classe, l’ancien prêtre avait parlé de l’avortement de façon très violente. Les parents s’étaient plaints » raconte ainsi Karol. Beaucoup d’étudiants témoignent de telles expériences, surtout à partir du collège.

Selon Daria, croyante et pratiquante non régulière, étudiante en langue, «la religion est surtout un moyen d’avoir une bonne note!». La note de religion est en effet un « bonus » et une mauvaise note n’a pas d’incidence sur le passage en classe supérieure. Les témoignages sur l’intérêt de ces cours et leur ouverture d’esprit sont contrastés.

Une goutte athée dans un océan de café ?

La religion à l’école est le reflet de la société polonaise. 80% des Polonais y sont favorables. d’après une enquête de l’institut de sondage CBOS. Beaucoup inscrivent leurs enfants au cours de catéchisme à l’école primaire pour leur donner les bases d’une culture religieuse, vue comme un ingrédient essentiel de l’identité polonaise . Mais une fois au collège,  à l’âge où les enfants peuvent choisir, les classes sont de plus en plus clairsemées.  Tosia, rousse aux nombreux piercings témoigne : “Dans ma classe au lycée, il n’y avait que 5 ou 6 personnes qui suivaient les cours de catéchisme sur une classe de 30 élèves. J’ai beau venir d’une famille catholique, j’assistais au cours d’éthique.

Mais le nombre d’écoles qui proposent des cours d’éthique, s’il est encore faible, a doublé en un an. La raison? le gouvernement de centre-droit s’en est mêlé. La ministre de l’Education, pourtant ancienne professeur de catéchisme,  a modifié la loi dans un sens plus libéral, en suivant un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme datant de 2010.

Auparavant, il fallait au moins sept élèves intéressés pour organiser un cours d’éthique. Les cas de désinformation de la part des directeurs des écoles, par manque de volonté ou par conviction religieuse, étaient régulièrement dénoncés par les associations sécularistes. Aujourd’hui, pour l’éthique comme pour la religion, une seule demande de parent ou d’étudiant, obligatoirement transmise à l’Académie, nécessite qu’un cours inter-écoles soit organisé.