Journée de la jupe à l’Université

Avec ses talons aiguilles, ses boucles d’oreille et sa barbe négligée, Marcin Boronowski ne passe pas inaperçu auprès de ses étudiants à l’Université de Wroclaw. Figure médiatisée du mouvement LGBT local, ce professeur a choisi de s’habiller en jupe pour lutter contre l’homophobie. Rencontre et shooting photos avec un « anti-mec » affirmé.

À l’aise, il prend naturellement la pose devant l’objectif. Marcin Boronowski, militant LGBT est connu des médias locaux sous le nom d’« antyfacet », c’est-à-dire « anti-mec ». En 2007, ce professeur d’anglais à l’Université de Wroclaw a commencé « à toucher à tous ces vêtements interdits, d’abord pour sortir les poubelles », quand il donnait des cours d’été à Legnica. Après un happening anti-homophobie, où il s’était habillé en femme, il a eu « le courage de briser complètement le tabou. » Il dit être « un exemple que ce genre de choses est possible en Europe centrale, qu’on peut travailler et vivre en jupe », mais prévient : « Pragmatiquement, je ne conseillerais pas de venir habillé comme ça à un entretien d’embauche. »

À l’automne, Marcin Boronowski souhaite s’engager en politique, probablement chez les Verts, et peut-être nationalement. L’« antyfacet » sera-t-il le successeur d’Anna Grodzka ? Cette femme transexuelle a été élue députée en 2012 à la Diète – chambre basse du Parlement – dans une Pologne pourtant très religieuse. Tout un symbole pour les LGBT d’Europe.

Gender : En Pologne comme en France, l’Église fait campagne, contre la supposée « idéologie du genre ». L’épiscopat polonais s’est opposé à la ratification de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention des violences faites aux femmes, signée en mai 2011 à Istanbul, l’accusant d’être basée sur « l’idéologie du gender, extrémiste et néo-marxiste ».

Alice MARUANI

Couverture © ESJ-Alice MARUANI
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