Paramnésie activity

Impérialisme

Vroclav? Warclaw? Vrotsoif?

 

Ça ne vous évoque pas grand-chose, n’est-ce pas ?
Vos connaissances en géographie, certes un peu faiblardes, et votre bon sens paysan vous permettent quand même de situer cette bourgade « kekpart entre la Tchéquie et les Ruskofs ».
Pourtant, depuis la défaite des bolchos contre l’impérialisme Yankee, la fièvre capitaliste s’est emparée du pays du pape préféré des Français, et ça c’est mal.
Pas la peine de vous rendre dans un des malls à l’américaine qu’abritent le centre ville, empli d’espoir de trouver un ordinateur à coque métallique dont le prix équivaut à trois smics locaux, pour comprendre que l’oncle Sam a gagné la guerre froide. Bref Goodbye Lenin a plus de dix ans et c’est complètement has been.

Intéressons-nous au premier lieu de sociabilisation connu dans le monde libre, qui permet par ailleurs aux polaks de s’adonner à leur première passion. Poussons donc la porte d’un bar ou d’un café. S’il est situé dans le quartier de Nadodrze, c’est encore mieux.
« Hey c’est sympa ici », ceci est votre première réaction lorsque vous découvrez ce temple du cool.
Briques apparentes, mobilier design, tables en bois brut, photos de mongols des steppes accrochées au mur. Ces mecs sont définitivement balaises.
Vos yeux sont attirés par la douce lumière dispersée dans l’espace par les ampoules à filament de tungstène apparent. L’idée que les négociants en lampes industrielles ont quelques zlotys de côté en zone neutre helvétique vous traverse l’esprit.
La sentence est sans appel: Valérie Damidoski peut aller se rhabiller chez Cristina Cordula. Les propriétaires du lieu ont réussi la synthèse parfaite entre chaleur mobilière et austérité industrielle.
Le serveur, un grand gaillard barbu s’avance vers vous. Les manches retroussées de sa chemise à carreau dévoilent ses bras bardés de tatouages, lui donnant l’air au choix : d’un footballeur sud-américain, d’un Vor V Zakone georgien ou de n’importe quel mannequin de chez Asos.